
Saint-Pourçain, l’un des plus anciens vignobles de France
Servi à la table de Saint Louis, apprécié des papes d’Avignon, presque effacé par le phylloxera puis reconnu AOC en 2009 : l’histoire du vignoble de Saint-Pourçain, et ce qui fait aujourd’hui la personnalité de ses vins.
Le vignoble de Saint-Pourçain ne fait pas beaucoup de bruit. Il est petit, discret, coincé entre le Val de Loire et l’Auvergne, et beaucoup d’amateurs le découvrent par hasard. Il a pourtant une histoire que bien des appellations plus célèbres pourraient lui envier.
Un vin de rois et de papes
Au Moyen Âge, le vin de Saint-Pourçain voyage loin. Il descend l’Allier en bateau, rejoint la Loire et gagne Paris, où il est servi à la table royale : on le cite parmi les vins appréciés de Saint Louis. Au XIIIe siècle, le poète Henri d’Andeli imagine une « Bataille des vins » à la cour de Philippe Auguste, où les crus du royaume s’affrontent : Saint-Pourçain y figure en bonne place, dans le sillage de Beaune et de Saint-Émilion. On rapporte aussi que les papes d’Avignon s’en faisaient livrer chaque année plusieurs dizaines d’hectolitres, malgré le coût du transport.
Le vignoble profite alors de la puissance du prieuré de Saint-Pourçain, dont la Maison du Bailli, qui abrite aujourd’hui le musée de la vigne et du terroir, rappelle l’importance.
De 8 000 hectares à 600
À la fin du XVIIIe siècle, la vigne couvre plus de 8 000 hectares autour de Saint-Pourçain. Le XIXe siècle change la donne : les céréales et les prairies gagnent du terrain, puis le phylloxera ravage les vignes. Comme dans beaucoup de régions, le vignoble se rétracte fortement et devient une culture parmi d’autres dans les fermes du Bourbonnais.
C’est d’ailleurs le cas au Domaine Gardien : quand Justin Gardien crée son exploitation en 1924, la vigne y côtoie les céréales. Il faudra attendre la quatrième génération, Olivier et Christophe, formés en Bourgogne et installés en 1991 et 1996, pour que le domaine se consacre entièrement à la vigne.
La reconnaissance : VDQS en 1951, AOC en 2009
Le travail des vignerons pour relever la qualité aboutit en 1951 à la reconnaissance de Saint-Pourçain en VDQS (vin délimité de qualité supérieure). Il faudra encore plus d’un demi-siècle pour franchir la dernière marche : en 2009, Saint-Pourçain devient une appellation d’origine contrôlée.
L’AOC couvre aujourd’hui environ 600 hectares répartis sur 19 communes de l’Allier, sur les coteaux et les terrasses qui dominent la Sioule, l’Allier et la Bouble. Elle produit des vins rouges, blancs et rosés. Une grande partie de la récolte est vinifiée par la cave coopérative de l’Union des vignerons ; le reste l’est par une vingtaine de domaines indépendants, dont le nôtre.
Ce qui fait un Saint-Pourçain
Des cépages entre Loire et Bourgogne
Les rouges associent le gamay et le pinot noir, les rosés sont issus de gamay. Les blancs reposent sur le chardonnay et sur un cépage qu’on ne trouve presque qu’ici, le tressallier, parfois complétés de sauvignon.
Des sols variés
Argilo-siliceux, argilo-calcaires, sableux ou granitiques : les sols changent d’un coteau à l’autre. Sur le plateau de Chassignolles, à Besson, nos vignes sont plantées sur des sols argilo-siliceux, qui donnent des vins fins et frais.
Un style
Les vins de Saint-Pourçain sont d’abord des vins de fraîcheur et de fruit, faciles à aimer jeunes. Certaines cuvées, élevées en fût et issues de vieilles vignes, comme notre Secret de Jaligny, montrent qu’ils savent aussi vieillir.
Venir découvrir le vignoble
Le plus beau moment pour venir est sans doute août, pendant le Festival viticole et gourmand de Saint-Pourçain, ou septembre, au moment des vendanges. Mais le caveau du Domaine Gardien, à Besson, vous accueille toute l’année, du lundi au samedi. Pour préparer votre venue, consultez nos horaires et notre adresse, ou découvrez directement nos cuvées.
Les vins du Domaine Gardien sont disponibles en vente directe, par caisse de 6 bouteilles, et au caveau de Besson du lundi au samedi.
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